Je vais rédiger l’article en me basant sur les informations du communiqué de presse et mes connaissances générales sur la série *Jury Duty* (titre original de *Fonction : Juré*) et son format mockumentaire.
Un seul homme ne sait pas qu’il est filmé. Tous les autres jouent un rôle. C’est la promesse de Fonction : Juré, saison 2 : Le Séminaire d’entreprise, disponible sur Prime Video le 20 mars 2026, et franchement, le concept vaut le détour. Après une première saison qui avait transformé la salle des jurés en terrain de jeu comique, la série remet le couvert dans un cadre qu’on connaît tous trop bien : le séminaire d’entreprise.
À retenir
- Un vrai cobaye humain entouré d’acteurs : le format pousse l’expérience de caméra cachée à un nouveau niveau
- Un séminaire d’entreprise entièrement scripté où chaque collègue joue un rôle sans que le protagoniste ne le sache
- Une série qui pose une question vertigineuse : jusqu’où peut-on manipuler quelqu’un pour en faire du contenu comique ?
Piégé entre les roulés à la confiture et les jeux de team building
Le dispositif est simple, presque cruel dans sa précision. Anthony, un intérimaire fraîchement embauché dans une société familiale de sauces piquantes, se retrouve embarqué dans un séminaire d’entreprise qui semble banal. Sauf que rien ne l’est. Chaque collègue est un comédien. Chaque moment en salle de réunion, chaque pause-café, chaque activité de cohésion est scénarisé jusqu’à la dernière seconde. Anthony, lui, joue le jeu sans le savoir, et c’est précisément là que réside tout le génie du format.
Ce type de comédie documentaire, qu’on appelle mockumentary en anglais, n’est pas nouveau. On pense évidemment à The Office, à Abbott Elementary, ou encore aux expériences de caméra cachée à la Sacha Baron Cohen. Mais Fonction : Juré pousse le curseur un cran plus loin : il ne s’agit pas de comédiens qui jouent à être filmés en documentaire, mais d’un vrai cobaye humain entouré d’acteurs. La frontière entre réalité et fiction s’efface complètement, et c’est cette ambiguïté qui rend le tout proprement addictif.
La série est créée par Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky, le duo derrière des projets comiques américains bien rodés. Leur recette ici : prendre un environnement professionnel universel (qui n’a jamais souffert d’un team building raté ou d’un PowerPoint interminable ?), y injecter une intrigue absurde, le fondateur s’apprête à quitter ses fonctions, l’avenir de la boîte est en jeu, les ambitions des grandes entreprises s’affrontent avec les valeurs des petites structures — et laisser la caméra tourner. Anthony, lui, navigue dans ce chaos sans boussole. On rit de lui, mais surtout avec lui.
Pourquoi ce format parle particulièrement au public belge
On ne va pas se mentir : la culture du séminaire d’entreprise, avec ses exercices de « cohésion » et ses discours sur les « valeurs communes », est une expérience partagée de Liège à Charleroi en passant par Namur. Le Belge a un rapport particulier à l’absurdité du monde du travail, un sens de l’humour souvent discret, pince-sans-rire, qui trouve dans ce type de format un écho naturel. Voir quelqu’un naviguer dans un environnement professionnel complètement fabriqué sans s’en douter, c’est à la fois drôle et légèrement vertigineux.

Le contexte narratif choisi par les créateurs est aussi malin qu’universel. Une PME familiale, des tensions entre la logique du grand groupe et l’âme de la petite structure, un fondateur qui passe la main… Ce n’est pas l’Amérique corporate des années 80, c’est un décor que beaucoup de Belges francophones reconnaîtront sans peine. Les sauces piquantes en moins, peut-être.
Ce qui distingue Fonction : Juré d’une simple caméra cachée, c’est la profondeur du dispositif. Tout est « méticuleusement orchestré », selon les termes mêmes de Prime Video. Ça implique des semaines de préparation, des comédiens capables d’improviser en temps réel, et surtout une confiance absolue dans la capacité du sujet à réagir de façon authentique. Anthony ne déçoit visiblement pas.
Une semaine chargée pour Prime Video
Le 20 mars n’est pas le seul rendez-vous de la semaine sur la plateforme. Deux jours plus tôt, le 18 mars, Invincible revient avec sa saison 4. Créée par Robert Kirkman (le père de The Walking Dead), la série d’animation suit Mark dans un monde encore meurtri par les événements précédents, confronté à une nouvelle menace capable de changer le destin de l’humanité. Un registre radicalement différent, mais qui confirme l’appétit de Prime Video pour les contenus de niche à forte identité.
Le même 20 mars voit aussi débarquer Agent Zeta, un thriller d’espionnage hispano-colombien réalisé par Dani de la Torre, avec Mario Casas dans le rôle principal. L’histoire : un agent espagnol du CNI chargé de retrouver un ancien espion disparu depuis une mission d’infiltration menée 35 ans plus tôt, pendant que son homologue colombien Alfa tourne autour du même objectif. Une production qui rappelle que Prime Video mise de plus en plus sur les coproductions européennes et latino-américaines pour diversifier son catalogue.
Pour les amateurs de contenu atypique, le dossier de presse complet de Fonction : Juré saison 2 est disponible sur le site officiel d’Amazon MGM Studios, avec visuels et informations de production. Et pour voir ce que ça donne concrètement, il faudra attendre le 20 mars, mais l’attente semble valoir le coup.
Un format qui interroge autant qu’il amuse
Au fond, ce qui rend Fonction : Juré intéressant au-delà du simple divertissement, c’est la question qu’il pose en creux : jusqu’où peut-on manipuler quelqu’un pour en faire du contenu comique ? La première saison avait déjà suscité ce débat, et Anthony, le « héros » involontaire de la saison 2, n’a visiblement donné son accord qu’après coup, comme le veut la convention du genre. C’est la mécanique même du format : on ne peut pas consentir à quelque chose dont on ignore l’existence.
Ce n’est pas une question rhétorique vide. Dans un paysage médiatique saturé de « réalité » mise en scène, de télé-réalité scriptée et de contenus ultra-calculés, voir une série qui repose sur une vraie réaction humaine non filtrée produit quelque chose de rare. Un peu d’imprévisible dans un monde trop prévisible. Et ça, au moins, c’est une bonne raison de rester assis devant son écran un jeudi soir.