Ascenseur de Strépy-Thieu : visite, salle des machines, croisières et périodes d’ouverture du géant de béton

À retenir
  • Le site est fermé au public depuis le 31 octobre 2025.
  • L’ascenseur franchit plus de 70 mètres de dénivellation en moins de huit minutes.
  • Le chantier a duré vingt ans, de 1982 à 2002, pour 65.000 tonnes de béton.
  • Les croisières ont été suspendues avec l’arrêt de l’ASBL Voies d’Eau du Hainaut.

Strépy-Thieu en octobre 2026 : ce qui se visite vraiment

Le site était fermé au public depuis le 31 octobre 2025, après la cessation des activités de l’ASBL provinciale Voies d’Eau du Hainaut. Un bureau d’accueil a rouvert les week-ends d’août et de septembre, mais cette fenêtre estivale est désormais refermée. Pour l’automne, rien n’est garanti : mieux vaut vérifier avant de prendre l’E19.

Une trentaine de personnes ont perdu leur emploi avec l’arrêt de l’association.

La réouverture de l’été reposait sur un partenariat entre Centrissime, l’Office du Tourisme du Roeulx et la Maison du Tourisme du Pays du Centre. Le point d’accueil s’est installé dans la salle d’exposition qui offre une vue panoramique à 360°. Les visiteurs pouvaient accéder au 5e étage et y découvrir deux expositions, l’une sur l’histoire du Canal du Centre, l’autre sur les onze communes de la Région du Centre. Côté services, des locations de vélos et une exposition de photographies complétaient l’offre.

L’expérience immersive « Étarée 360 » figurait aussi au programme, de même que de la documentation multilingue et des conseils d’itinéraires à vélo. La clientèle étrangère ne manquait pas : Allemands, Néerlandais et Britanniques comptaient parmi les visiteurs.

Le caractère provisoire était assumé. La formule devait durer en attendant la désignation par la Région wallonne d’un nouvel opérateur chargé des activités autour du Canal du Centre, via un appel à projets. À ma connaissance, aucun repreneur n’a été annoncé à ce jour, et ni les horaires d’automne ni la reprise d’une exploitation touristique complète ne sont confirmés.

La salle des machines et le panorama, côté visite

Avant la fermeture, le parcours classique durait environ une heure. Il retraçait l’histoire de la construction navale et des techniques de navigation, puis se terminait par un film sur la construction et le fonctionnement de l’ascenseur. Les horaires d’alors : du mardi au dimanche, de 10h à 18h, avec des dernières visites à 17h, d’avril à début novembre.

Le clou, c’était le sommet. On y profitait d’une vue sur la gigantesque salle des machines et sur la région environnante. Sur place, on mesure ce que représente l’ouvrage : 65.000 tonnes de béton, ce qui en faisait à l’époque l’ouvrage le plus lourd réalisé par poussage. Les chantiers ont démarré en 1982 et l’ouvrage a été inauguré en 2002, soit vingt ans de travaux.

Le principe est celui du funiculaire : deux bacs indépendants permettent aux bateaux de franchir plus de 70 mètres de dénivellation entre le bassin de l’Escaut et le bief de partage vers la Meuse. Chaque bac peut accueillir un bateau de 2.000 tonnes. La montée ou la descente prend moins de huit minutes.

Quand la manœuvre démarre, la foule se presse contre la barrière de sécurité.

Un conseil pour les passionnés de mécanique : les jours de manœuvre dépendent du trafic de péniches, et certains visiteurs racontent être venus un dimanche sans voir le moindre bateau en action.

Les croisières, à l’arrêt pour l’instant

Les balades en bateau constituaient l’autre moitié de l’attrait du site. Pour pallier leur arrêt, le site mise désormais sur une offre diversifiée. Ce sont donc les tours guidés qui ont disparu, pas seulement les horaires qui ont changé.

Avant l’interruption, la formule en croisière comportait des départs à 10h et à 14h, sauf les lundis et mardis, avec une présence conseillée 30 minutes avant l’heure de départ. Les individuels pouvaient aussi franchir l’ascenseur certains dimanches, sur réservation. L’excursion complète, avec visite, demandait environ deux heures. La croisière longue, d’après les anciennes fiches pratiques, durait 2h30, avec commentaires en français, néerlandais et anglais à bord.

Cette version longue conduisait vers les quatre ascenseurs hydrauliques historiques du Canal du Centre, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998. Trois d’entre eux rattrapent 16,93 mètres de dénivellation, le quatrième 15,40 mètres. Le retour vers Strépy-Thieu se faisait en petit train. La visite pouvait se combiner avec celle de Bois-du-Luc, autre site classé UNESCO, à La Louvière.

Or ces ascenseurs historiques dépendaient du même opérateur. L’arrêt des activités de l’ASBL a stoppé l’exploitation touristique du site du Canal du Centre, de ses ascenseurs historiques et de l’ascenseur funiculaire.

Préparer son déplacement, et pourquoi le détour vaut la peine

L’adresse reste la même : rue Raymond Cordier 50, 7070 Thieu, sur la commune du Rœulx. En voiture, prenez la sortie 21 (Strépy-Thieu) de l’E19/E42. En transports publics, la gare de La Louvière-Centre est la plus pratique, suivie de la ligne de bus 30, arrêt « Ascenseur Strépy-Thieu ». Les gares de Thieu et de Bracquegnies sont également citées.

Pour les horaires, il vaut mieux consulter Centrissime ou la Maison du Tourisme du Pays du Centre, qui ont assuré le point d’accueil de l’été. Les anciens sites de réservation de Voies d’Eau du Hainaut ne reflètent plus la situation actuelle. Plusieurs pages en ligne affichent encore des horaires de 2023 ou 2024 comme s’ils étaient d’actualité.

Le détour reste justifié, ne serait-ce que pour les chiffres. Avant 2002, 5 heures de navigation étaient nécessaires pour franchir l’ancien canal du Centre, contre 1h50 pour le nouveau. L’ancien canal acceptait des bateaux de 300 tonnes, contre 2.000 tonnes aujourd’hui. Depuis l’ouverture, 42 millions de tonnes de marchandises ont transité par l’ouvrage, évitant plus de 2,5 millions de camions.

Avec 73,15 mètres de dénivelé, il est resté le plus haut ascenseur à bateaux du monde jusqu’à l’achèvement de celui des Trois-Gorges, en Chine, en janvier 2016.

Dernier chiffre : 2,11 millions de tonnes de marchandises ont transité par l’ouvrage en 2021. L’ouvrage a donc été conçu pour faire passer des péniches. Le tourisme est venu se greffer dessus, et c’est ce volet-là qui attend désormais un repreneur.