Le scénario est connu de tous les Belges qui prennent l’avion : vous arrivez à l’embarquement, votre sac à dos posé fièrement sur l’épaule, et l’agent vous demande de le poser sur le gabarit. Quelques secondes de sueur froide. Cette fois-là, ça passe. Mais depuis mars 2026, les règles du jeu ont changé, et pas qu’un peu. De nouvelles-regles-a-connaitre-pour-tous-les-proprietaires-dici-2026/ »>nouvelles dispositions européennes sur les bagages cabine sont entrées en vigueur, et beaucoup de voyageurs les découvrent… au mauvais moment.
À retenir
- Les batteries externes et power banks au-delà de 100 Wh nécessitent désormais une déclaration obligatoire avant l’embarquement
- L’application des règles varie dramatiquement selon que vous partez de Bruxelles, Charleroi ou Liège
- Certains objets du quotidien (trottinettes électriques, chargeurs de vélos) tombent dans des zones grises dangereuses
Ce qui a réellement changé avec les nouvelles règles européennes
L’Union européenne a harmonisé une série de règles relatives à la sécurité aérienne et aux conditions de transport des passagers, dans le cadre d’une mise à jour des règlements de l’EASA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne). L’objectif affiché était de simplifier et d’uniformiser les pratiques entre compagnies. Le résultat, sur le terrain, est plus nuancé.
Parmi les changements les plus concrets : la réglementation sur les appareils électroniques portables contenant des batteries lithium-ion a été durcie. Les power banks et batteries de rechange ne peuvent plus être transportées en soute, ce qui était déjà la règle, mais les nouvelles normes précisent désormais des seuils de capacité stricts. Une batterie externe dépassant 100 Wh (wattheures) est soumise à une déclaration obligatoire auprès de la compagnie aérienne avant l’embarquement, et certaines dépassant 160 Wh sont purement et simplement interdites, même en cabine. Pour les voyageurs qui partent en reportage, en déplacement professionnel ou en voyage photo, c’est un casse-tête réel.
Autre point qui fait réagir : les liquides. La règle des 100 ml par contenant et du sac plastique transparent d’un litre maximum, que tout le monde connaît, a été maintenue, mais son application est désormais couplée à une obligation de présentation systématique dans tous les aéroports de l’espace Schengen. Certains aéroports, dont Brussels Airport, avaient commencé à assouplir les contrôles grâce aux nouveaux scanners 3D. Ce mouvement est désormais conditionné à la certification complète des équipements, ce qui crée des situations variables selon l‘aéroport de départ.
Les pièges que personne ne vous dit à l’avance
Ce qui surprend le plus les voyageurs belges, c’est moins la règle elle-même que la façon dont elle s’applique de manière inégale selon les compagnies et les aéroports. Un passager au départ de Charleroi ne vivra pas la même expérience qu’au départ de Liège Airport ou de Brussels Airport. Chaque compagnie aérienne a ses propres conditions générales de transport, qui peuvent être plus restrictives que le cadre européen. Les low-cost, en particulier, ont tendance à serrer la vis sur les dimensions des bagages cabine et sur le poids autorisé, tout en s’appuyant sur le nouveau cadre réglementaire pour justifier des surcharges.
La confusion vient aussi des chargeurs de vélos électriques et des trottinettes pliables avec batterie intégrée. Ces objets, devenus courants dans les ménages belges, tombent dans une zone grise que peu de voyageurs maîtrisent. En principe, une batterie intégrée non amovible dans un véhicule de mobilité personnelle est interdite en cabine comme en soute sur la plupart des vols commerciaux européens. Sauf que la frontière entre « amovible » et « non amovible » est parfois interprétée différemment selon l’agent au comptoir. Un conseil pratique : si vous voyagez avec ce type d’équipement, contactez la compagnie par écrit avant le départ et conservez la réponse.
Les médicaments liquides, eux, bénéficient d’une exemption, mais uniquement sur présentation d’une ordonnance ou d’un certificat médical. Ce n’est pas nouveau, mais la vérification systématique l’est davantage. Les familles avec de jeunes enfants, qui transportent des préparations infantiles ou des médicaments pédiatriques, doivent anticiper ce point.
Bruxelles, Charleroi, Liège : trois aéroports, trois réalités
La Belgique a la particularité d’avoir trois aéroports commerciaux aux profils très différents. Brussels Airport, hub international, a investi massivement dans des scanners de nouvelle génération qui permettent théoriquement de réduire les contraintes sur les liquides. Bruxelles-South Charleroi Airport, porte d’entrée privilégiée des compagnies low-cost, applique les règles à la lettre, avec peu de marge. Liège Airport, davantage orienté cargo mais avec des vols passagers en développement, est encore en phase d’adaptation sur certains équipements de contrôle.
Cette hétérogénéité n’est pas propre à la Belgique. Elle est le reflet d’un décalage classique entre l’adoption d’un texte européen et sa mise en œuvre opérationnelle dans chaque État membre. La Commission européenne a d’ailleurs prévu une période de transition et des audits pour 2026, mais entre un règlement publié au Journal officiel de l’UE et le personnel de sécurité d’un aéroport régional, il y a souvent une distance qu’aucune directive ne comble instantanément.
Comment s’y préparer concrètement avant de partir
La première chose à faire avant tout vol, c’est de consulter directement le site de votre compagnie aérienne, dans la rubrique dédiée aux conditions de transport des bagages cabine. Ces pages sont régulièrement mises à jour et c’est là que se trouve l’information contractuelle qui prime sur tout le reste. L’application de votre compagnie contient souvent un récapitulatif des règles applicables à votre billet.
Pour les batteries et appareils électroniques, le site de l’IATA (Association internationale du transport aérien) publie une base de données consultable par type d’appareil. C’est technique, mais fiable. Pour les médicaments, votre médecin ou pharmacien peut établir un document en anglais et en français, ce qui simplifie les contrôles dans les aéroports non francophones.
Une réalité s’impose progressivement : le temps où l’on pouvait improviser son bagage cabine à la dernière minute est derrière nous. Les règles se complexifient, les contrôles se durcissent, et la marge d’erreur se réduit. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose pour la sécurité aérienne, mais cela demande aux voyageurs une préparation que beaucoup n’ont pas encore intégrée dans leurs habitudes. La question qui se pose maintenant, c’est de savoir si les compagnies et les aéroports feront leur part en communiquant mieux, avant que le passager se retrouve face au gabarit avec un sac trop grand et une batterie trop puissante.