On s’obstine tous à allumer l’antibrouillard arrière dès la première brume d’automne en pensant bien faire : en Belgique, c’est une amende possible et un conducteur ébloui juste derrière nous

Le feu de brouillard arrière ne s’allume pas à la première brume d’octobre. Le Code de la route belge le réserve au brouillard ou à la neige qui ramènent la visibilité sous 100 mètres environ, et à la forte pluie.

Cent mètres, c’est grosso modo la longueur d’un terrain de football.

La brume qui flotte sur la Hesbaye à sept heures du matin n’atteint presque jamais ce seuil. Si vous distinguez encore nettement la voiture qui vous précède, le bouton reste tranquille. Et le conducteur qui vous suit vous en sera reconnaissant.

À retenir
  • L’antibrouillard arrière est autorisé seulement sous 100 mètres de visibilité ou en forte pluie.
  • L’utiliser hors de ces cas est sanctionné par une amende de 64€ en Belgique.
  • Ces feux éblouissent les conducteurs qui suivent et ne s’éteignent pas automatiquement.

Ce que le Code de la route autorise vraiment

Pour l’arrière, l’AWSR et la police locale de Lesse et Lhomme énumèrent les mêmes trois cas: brouillard sous 100 m environ, chute de neige sous 100 m, forte chute de pluie. En dehors de ces circonstances, il est interdit d’utiliser ses feux de brouillard arrière. À l’avant, la logique est inverse, puisque ces feux ne sont pas obligatoires sur une voiture et que vous n’êtes donc jamais obligé de les allumer. Quand on les utilise, ils peuvent remplacer les feux de croisement ou de route, ou fonctionner avec eux.

La Police fédérale rappelle que le Code vise surtout le brouillard dense, « ce qui est déjà un brouillard assez dense ». La grisaille de fin de journée sur la E411 n’entre donc pas dans la case.

Un feu qui aveugle celui qui vous suit

L’AWSR est claire: la lumière des feux de brouillard est beaucoup plus forte qu’une lumière normale et peut aveugler les autres usagers. Sur une route dégagée, le conducteur derrière vous reçoit ce faisceau rouge en pleine face, sans brouillard pour l’atténuer. Et rien ne l’éteindra à votre place, car ces feux ne sont pas automatiques et s’actionnent à la main, pour les allumer comme pour les éteindre.

Le brouillard se lève sur l’autoroute, le bouton, lui, reste enfoncé.

Amende, pluie et petits pièges belges

Allumer ces feux hors des cas prévus est une infraction du premier degré, sanctionnée par perception immédiate. Les montants cités varient selon la date: une page de police locale parlait de 50 EUR, L’Avenir évoquait 58 € début 2025, et la page de l’AWSR affiche 64 € pour une infraction du 1er degré (dans le cas d’un feu défectueux ou mal ajusté). Comptez donc une soixantaine d’euros, à vérifier sur le barème en vigueur.

La pluie est l’autre source de confusion. En Belgique, l’usage du feu arrière est obligatoire en cas de forte pluie, alors qu’en France le feu arrière ne peut servir qu’en cas de brouillard ou de chute de neige. Qui révise son code sur un site français s’expose à se tromper, prévient d’ailleurs Permis Online.

Sous 50 mètres de visibilité, la limite tombe à 50 km/h, autoroute comprise.

Au quotidien, trois gestes suffisent. Allumez le feu arrière seulement si vous ne voyez plus le véhicule qui précède à une centaine de mètres, ou sous une vraie averse. Jetez un œil au tableau de bord dès que la visibilité revient, car aucun voyant sonore ne vous avertira. Et si vous êtes ébloui malgré tout, l’AWSR conseille, pour les feux venant en face, de regarder le bas-côté ou à droite de la source lumineuse.

Côté avant, les phares antibrouillard restent facultatifs. Ils ne se justifient qu’en cas de brouillard, de neige ou de forte pluie.