Rappeler un numéro en +225 après une seule sonnerie, c’est faire exactement ce que l’escroc espérait. Le +225 est l’indicatif de la Côte d’Ivoire, mais le pays compte moins que la méthode, qui a un nom.
« Wangiri » signifie « sonner une fois et raccrocher » en japonais.
- L’arnaque Wangiri consiste à recevoir un appel qui sonne une ou deux fois pour vous inciter à rappeler un numéro surtaxé
- Les escrocs utilisent des générateurs aléatoires pour contacter des victimes au hasard depuis l’étranger via des indicatifs comme +225
- Vous pouvez contester votre facture auprès de votre opérateur puis saisir le Service de médiation des télécommunications si nécessaire
Deux secondes d’appel, des euros de facture
L’IBPT décrit un appel très court, sans message, destiné à vous faire rappeler un numéro surtaxé, par curiosité ou par inquiétude. Les escrocs gagnent de l’argent grâce au coût élevé du numéro que vous composez. Le SPF Economie précise qu’ils utilisent un système informatique qui lance des dizaines d’appels en même temps, laisse sonner une ou deux fois, puis raccroche.
Le fraudeur a acheté son numéro à un opérateur et touche une commission sur chaque appel reçu. Une fois la victime en ligne, il tente de faire durer la conversation avec de fausses promesses, comme le gain d’un prix. Selon Safeonweb, ces organisations criminelles appellent et envoient des SMS à l’aide d’un générateur aléatoire. Personne n’a donc choisi votre numéro, il est sorti d’une liste tirée au hasard.
En 2014 déjà, un rappel testé par la RTBF coûtait deux euros la minute.
Le +225 n’est qu’un préfixe parmi d’autres
Les indicatifs tournent d’une vague à l’autre. Orange Belgique cite en exemple des numéros en +252, +37 ou +88, et Safeonweb a relayé des signalements de victimes contactées depuis la Syrie. Pour repérer l’intrus, le plus fiable reste de regarder la structure du numéro. Un fixe belge compte 9 chiffres et commence par 0, un mobile belge en compte 10 et appartient aux séries 046, 047, 048 ou 049.
Tout indicatif étranger n’est pas suspect pour autant. Un proche en déplacement ou un service client basé à l’étranger peuvent appeler depuis un numéro étranger parfaitement légitime. Ce qui trahit le wangiri, c’est la combinaison d’une sonnerie unique, de l’absence de message et, souvent, d’une série d’appels similaires reçus par plusieurs personnes le même jour.
La facture est tombée, que faire ?
À la réception de la facture, l’appel est déjà décompté, mais rien n’interdit de la discuter. Première étape, contacter le service clientèle le plus rapidement possible, comme le recommande Orange. L’IBPT rappelle que ce service doit traiter votre appel dans les 2,5 minutes, faute de quoi l’opérateur doit vous rappeler avant la fin du jour ouvrable suivant. Gardez la date et l’heure de l’appel manqué, ainsi que le numéro complet, ils serviront de preuve.
Si la réponse ne vous satisfait pas, le Service de médiation pour les télécommunications prend le relais. Il est gratuit pour tous les utilisateurs des télécoms. Il cherche une solution amiable avec l’opérateur et, en cas d’échec, rend un avis non contraignant.
Pendant le traitement du dossier, le recouvrement est suspendu pour quatre mois maximum.
Bloquer, signaler, ne pas compter sur la liste
Bloquer le numéro empêche qu’il continue à solliciter votre ligne. Orange propose une application gratuite qui prévient des appels indésirables avant de décrocher et permet de les bloquer d’un clic. Côté signalement, le Point de contact fédéral sert à déclarer les pratiques commerciales trompeuses.
Le préjudice se compte en milliards. Le Journal du Geek avance que les opérateurs perdent plus de 1,8 milliard de dollars par an dans le monde à cause de ce type de fraude. Quant à la liste « Ne m’appelez plus », inutile de compter dessus : le SPF Economie note que ces escrocs opèrent presque toujours depuis l’étranger et n’en tiennent pas compte.
Sources : orange.be | safeonweb.be | economie.gouv.fr