Escalier de Bueren : combien de marches, quelle difficulté et l’histoire de la montagne de Liège

Soixante-quatorze mètres de dénivelé, 374 marches, et un point de vue qui récompense chaque goutte de sueur : l’escalier de Bueren, à Liège, est devenu l’épreuve de cardio préférée des Liégeois. Il relie la rue Hors-Château au sommet de la Citadelle, sur la colline de Pierreuse, et se grimpe en général entre cinq et dix minutes selon le souffle.

Le chiffre de 374 est celui que l’on retient le plus souvent, mais il circule parfois avec une marche ou deux d’écart selon les comptages et les paliers pris en compte. Mieux vaut le voir comme un ordre de grandeur que comme une vérité gravée dans la pierre.

À retenir
  • L’escalier compte environ 374 marches, un chiffre qui varie légèrement selon les comptages.
  • La montée représente l’équivalent d’une vingtaine d’étages, sans véritable palier de repos.
  • Il relie la rue Hors-Château à la Citadelle et porte le nom d’un résistant liégeois.

Un escalier de 374 marches : à quoi s’attendre

La montée est droite, sans détour, et c’est ce qui la rend redoutable. Les volées se succèdent presque sans respiration, avec quelques paliers qui servent surtout à faire semblant d’admirer la vue pendant que les poumons se remettent.

Sur le plan de la difficulté, comptez l’équivalent d’une vingtaine d’étages. Les marches sont régulières, mais l’humidité les rend glissantes après la pluie, et les feuilles mortes d’octobre n’arrangent rien.

Les sportifs du dimanche l’utilisent en circuit, répétant la montée plusieurs fois, et des groupes de joggeurs liégeois s’y retrouvent chaque semaine. Pour le promeneur ordinaire, quelques conseils suffisent : des chaussures qui accrochent, de l’eau, et un rythme régulier plutôt qu’un sprint de départ.

L’escalier ne convient pas aux poussettes ni aux personnes à mobilité réduite. Pour ces dernières, la Citadelle reste accessible par la route, via la rue Pierreuse et les voies carrossables qui montent par l’arrière.

Le départ se situe en plein cœur du quartier, à quelques minutes à pied de la place Saint-Lambert, ce qui permet de l’intégrer facilement à une balade en ville.

Qui était Bueren, et pourquoi cet escalier ?

L’ouvrage porte le nom de Vincent de Bueren, un combattant de la Résistance liégeoise pendant la Seconde Guerre mondiale. Son nom a été donné à la montée en hommage, ce qui explique qu’on y trouve une plaque et un esprit de mémoire plutôt qu’un simple équipement sportif.

Une confusion revient régulièrement : l’escalier n’est pas médiéval, même si le décor le laisse supposer. Il s’inscrit dans l’aménagement du versant, très urbanisé, où les ruelles et les « montées » faisaient partie du quotidien des habitants.

Ce versant comptait de nombreux escaliers et sentiers reliant les quartiers bas aux hauteurs, car la ville s’était développée en étages. Bueren est le plus célèbre, mais pas le seul.

La montagne de Bueren et l’histoire de la colline

La colline de Pierreuse, que l’on appelle aussi montagne de Bueren dans l’usage courant, domine le centre de Liège depuis des siècles. Son versant a longtemps abrité une population ouvrière dense, logée dans des maisons étroites accrochées à la pente.

Au sommet, la Citadelle occupe un site stratégique où des fortifications se sont succédé. Le point de vue sur la Meuse, la vallée industrielle et les toits de la Cité ardente explique à lui seul l’intérêt militaire du lieu.

Le terme « montagne » fait sourire un Suisse, mais il traduit une réalité liégeoise : la ville est coincée entre fleuve et coteaux, et ses habitants montent et descendent constamment. Le quartier de Hors-Château, au pied de l’escalier, tient son nom de sa position en dehors de l’ancien château fortifié.

Au fil du temps, la colline a connu des bombardements, des reconstructions et des politiques de rénovation urbaine qui ont modifié le tissu du quartier. Cette histoire mouvementée se lit encore dans l’alternance de façades anciennes et de constructions plus récentes.

Organiser sa montée

Le meilleur créneau reste la fin de matinée ou la fin d’après-midi par temps sec, quand la lumière met en valeur la vallée. En hiver, le soir tombe vite et l’éclairage reste limité, donc mieux vaut éviter la nuit.

Une fois en haut, rien n’oblige à redescendre par les mêmes marches : on peut longer les abords de la Citadelle, profiter du panorama, puis rejoindre le centre par un autre sentier. Ceux qui visent la performance aiment tenter un chrono, et les amateurs de courses organisées dans la ville y trouvent parfois un passage de choix.

Le quartier offre de quoi se refaire une santé : après l’effort, une pause dans un café de la rue Hors-Château ou un détour par un stand de gaufre de Liège, avec son sucre perlé, constitue la récompense logique.

Dernier détail pratique : la montée attire de plus en plus de visiteurs venus d’ailleurs en Belgique, et il vaut mieux y aller en semaine pour éviter l’affluence des week-ends ensoleillés.