Pourquoi le 11 novembre est férié en Belgique : l’armistice de 1918, la loi de 1922 et les lieux de mémoire à connaître

Le Parlement belge a instauré la fête du 11 novembre en commémoration de l’Armistice de 1918 par une loi du 21 juillet 1922. L’accord d’armistice, signé entre les Alliés et l’Allemagne le 11 novembre 1918 à Compiègne, a clos plus de quatre ans de guerre. En 2026, la date tombe un mercredi.

La Belgique avait pourtant commencé par une autre date.

À retenir
  • La loi belge instaurant la fête du 11 novembre date du 21 juillet 1922.
  • La commémoration a d’abord été placée le 4 août, date de l’invasion du royaume en 1914.
  • Le Soldat inconnu a été choisi au hasard le 10 novembre 1922 par un ancien combattant aveugle.
  • Les dix fériés fédéraux sont chômés et payés pour les salariés du privé, en vertu de la loi du 4 janvier 1974.

Du 4 août au 11 novembre : comment la date s’est imposée

La commémoration de la Première Guerre mondiale a été placée le 4 août de 1919 à 1921, puis le 11 novembre. Le 4 août était la date de l’invasion du royaume en 1914. Le 11 novembre ne s’impose qu’en 1922, quand le Soldat inconnu est inhumé à la Colonne du Congrès. Pendant presque toute la guerre, seul le triangle Ypres-Nieuport-La Panne était resté sous souveraineté belge. Passer du 4 août au 11 novembre, c’était donc passer de la date de l’invasion à celle de la délivrance.

L’Armistice fut d’abord signé pour 36 jours, puis renouvelé, et le traité de paix définitif ne viendra qu’en 1919 à Versailles. Le cessez-le-feu est entré en vigueur à 11 h, la onzième heure du onzième jour du onzième mois.

Le Soldat inconnu belge a été choisi au hasard le 10 novembre 1922 par un homme rendu aveugle par la guerre. Cet ancien combattant, Reinold Haesebrouck, devait désigner un cercueil. Il l’a pris parmi cinq cercueils de soldats belges anonymes, tombés sur cinq des principaux champs de bataille du pays. Le corps a été inhumé avec tous les honneurs au pied de la Colonne du Congrès le lendemain, le 11 novembre 1922.

La loi de 1922 a aussi bousculé un autre rendez-vous du calendrier. La Fête de la Dynastie, le 15 novembre, fut jugée trop proche de la nouvelle commémoration. La Communauté germanophone a fini par s’approprier cette date pour sa propre fête.

Ce que le férié change au travail

Les dix fériés fédéraux sont chômés et payés pour tous les salariés du privé, en vertu de la loi du 4 janvier 1974. Le travailleur ne peut pas être occupé ces jours-là et l’employeur doit le rémunérer. La loi ne s’applique pas au secteur public (l’État, les Régions, les Communautés, les provinces, les communes), qui a ses propres règles.

Quand un férié tombe un dimanche ou un jour d’inactivité habituel, un jour de remplacement est fixé sur un jour d’activité. Cette année, la Toussaint tombe un dimanche, alors que le 11 novembre, lui, a lieu en pleine semaine. Certains secteurs ont leur propre arrangement : dans la sidérurgie (commission paritaire 104), la Saint-Éloi, le 1er décembre, remplace le 11 novembre.

Aux Pays-Bas et au Luxembourg, le 11 novembre n’est pas férié.

Ces deux pays étaient restés neutres, sans tranchées ni lourds bombardements, donc sans Armistice. Chez nous, un mercredi férié permet, en posant les jeudi 12 et vendredi 13, de s’offrir cinq jours de repos. Mais un pont n’est pas un congé légal automatique : il doit être autorisé.

Les lieux de mémoire à connaître

À Bruxelles, la cérémonie officielle se tient devant la Tombe du Soldat inconnu, à la Colonne du Congrès. Le roi Philippe y participe comme le veut la tradition ; en 2025, des représentants du gouvernement fédéral étaient présents, dont le Premier ministre Bart De Wever. L’hommage vise le Soldat inconnu, les morts des deux guerres mondiales et les militaires tombés lors des missions pour la paix depuis 1945.

Le rendez-vous le plus connu à l’étranger reste Ypres, en Flandre-Occidentale. Le programme 2026 démarre à 8h45 au cimetière français Saint-Charles de Potyze, avant la Poppy Parade à 10h20. Cette parade est le défilé des coquelicots, symbole des soldats tombés au front. La cérémonie du Monument belge suit à 10h35, puis celle de la Porte de Menin à 11h, sur invitation uniquement. À midi, le drapeau de la paix est déployé sur la Grand-Place.

Le Last Post de 20 heures, lui, reste ouvert au public.

Cette sonnerie aux morts des armées du Commonwealth est jouée chaque jour à la Porte de Menin. Pour ceux qui n’ont pas d’invitation pour la cérémonie de 11 h, l’office de tourisme annonce un parking gratuit et une retransmission en direct depuis la Grand-Place. Compter deux bonnes heures de route depuis Bruxelles et prévoir un parapluie, novembre oblige.

Les communes ne sont pas en reste. Des cérémonies sont organisées chaque année dans de nombreuses communes : on dépose des gerbes près des monuments, on chante souvent la Brabançonne et certains sortent les drapeaux aux fenêtres. D’autres préfèrent saisir l’occasion pour rappeler que la paix est fragile. Le programme local figure généralement sur le site de l’administration communale.

À Ypres, le programme déborde du 11 novembre. Le 10 novembre à 9h30, une commémoration a lieu à Yorkshire Trench & Dugout, organisée par les Amis de l’In Flanders Fields Museum. Le 12 novembre à 11 h, une cérémonie se tient au Monument indien, au sommet de la Porte de Menin.