Mur de Huy, pourcentage : pente moyenne, passages les plus raides et conseils pour le grimper à vélo

Le Mur de Huy affiche une pente moyenne d’environ 9,6 % sur 1 300 mètres environ, avec un passage maximal proche de 26 % dans le deuxième virage. Ces chiffres, régulièrement cités à propos de l’arrivée de la Flèche Wallonne, varient de quelques dixièmes selon les mesures et les sources, mais l’ordre de grandeur fait consensus. Sur le papier, une moyenne inférieure à 10 % paraît presque raisonnable, ce qui est précisément le piège.

À retenir
  • La pente moyenne du Mur de Huy tourne autour de 9,6 % sur environ 1 300 mètres.
  • Le deuxième virage atteint une pointe proche de 26 %.
  • Un braquet 34 à l’avant et 32 ou 34 à l’arrière suffit à la plupart des amateurs.

Une moyenne qui ment par omission

La rue connue des cyclistes sous le nom de Chemin des Chapelles (la route des chapelles, avec ses stations du chemin de croix) grimpe à Huy, sur la rive droite de la Meuse. Environ 130 mètres de dénivelé sont avalés en un peu plus d’un kilomètre. Mais la pente n’est pas répartie : la montée alterne des replats relatifs et des murs bruts.

Le premier tiers sert d’avertissement, avec des pourcentages à deux chiffres qui s’installent dès la sortie du premier virage. Le vrai choc arrive ensuite, dans le virage en épingle suivant, là où le goudron semble se dresser devant la roue avant. Les relevés évoquent des pointes entre 19 et 26 % selon la ligne choisie.

Le virage intérieur est le plus raide, le virage extérieur le plus long mais plus doux.

Cette nuance de trajectoire compte énormément pour un amateur. Dans les courbes, l’intérieur concentre les pourcentages les plus cruels, tandis que l’extérieur rallonge la distance de quelques mètres en adoucissant l’angle. Les professionnels privilégient l’intérieur pour la vitesse pure, un cycliste du dimanche gagnera à l’extérieur pour éviter de caler.

Les passages qui font mal, du pied au sommet

Après le deuxième virage et sa pente maximale, la route se redresse encore un peu avant de s’adoucir. Beaucoup de grimpeurs craquent ici : ils ont forcé dans le mur, puis découvrent que la suite, autour de 10 à 13 %, reste soutenue. Le relief ne relâche vraiment qu’à l’approche du dernier lacet, quand le sommet de la chapelle de Notre-Dame de Solières devient visible.

L’arrivée proprement dite se joue juste après, sur un faux plat final qui culmine à 204 mètres d’altitude environ. Une fois la ligne passée, la plupart des coureurs s’arrêtent net, souvent les mains sur les genoux. Les images de la Flèche Wallonne le montrent chaque année, de la victoire à l’épuisement complet des derniers du peloton.

Ce qui frappe aussi, c’est la régularité de la course : depuis 1983, l’épreuve se termine systématiquement au sommet du Mur. Un parcours de près de deux cents kilomètres se joue donc sur à peine trois minutes d’effort. Un seul détail change d’une année à l’autre : le nombre de passages précédents, car les organisateurs font repasser le peloton par la côte plusieurs fois avant l’arrivée finale.

Grimper le Mur sans y laisser ses cuisses

Première règle : le braquet. Un 34 dents devant avec une cassette de 32 ou 34 à l’arrière sauve la mise pour la plupart des amateurs, voire un 36 si vos jambes ne sont pas affûtées. Les puristes qui s’obstinent avec un plateau compact et une cassette de 28 reconnaissent souvent, à mi-pente, que l’orgueil est un mauvais coach.

Ne partez pas trop vite, c’est l’erreur classique. Abordez le pied de la côte à une allure presque modérée, car la montée s’accélère juste après, et le moment où l’on a besoin de force est le deuxième virage, pas le premier. Mieux vaut garder du jus pour ce passage.

Voici les points à vérifier avant l’ascension :

  • un braquet adapté, idéalement 1:1 ou plus léger ;
  • des pneus bien gonflés, pour limiter la perte d’adhérence dans les virages ;
  • une position alternée entre assis et en danseuse pour répartir l’effort.

La technique de respiration pèse davantage qu’on ne l’imagine. Sur 26 %, la poitrine se comprime vite, et les cyclistes qui parviennent à garder un souffle régulier s’en sortent mieux que ceux qui tentent de « tout donner » dès la première rampe. Dans la partie la plus raide, mieux vaut rester assis, buste légèrement avancé, pour garder le poids sur la roue arrière.

Pour un premier essai, choisissez un jour sec : sur chaussée mouillée, la roue arrière patine facilement dans le virage le plus raide. Évitez aussi les heures de pointe, car la rue reste ouverte à la circulation et des voitures y montent ou en descendent. Le départ matinal, avant 9 heures, garantit en général une route plus dégagée.

Y aller, et le tenter à son rythme

Le Mur reste accessible à tout cycliste correctement préparé, pour peu qu’on accepte de mettre pied à terre si nécessaire. Il n’y a aucune honte à cela, même des cyclosportifs aguerris le font régulièrement lors des cyclos organisées dans la région. La ville de Huy propose d’ailleurs des parcours reliés à la Flèche Wallonne, dont des cyclosportives ouvertes aux amateurs autour de l’événement, avec un passage dans la fameuse côte.

Pour la préparation, trois séances de côte par semaine pendant un mois, sur des pentes de 8 à 12 %, suffisent à rendre l’effort supportable. L’essentiel est d’habituer les jambes à pousser à faible cadence, autour de 50 à 60 tours par minute, sans s’effondrer. Quant au paysage, une fois en haut, la Meuse s’étire en contrebas et la collégiale de Huy se découpe sur la rive : une récompense dont on profite mieux en ayant gardé un peu d’énergie.

Dernier détail pratique : le haut du Mur n’offre qu’un espace réduit pour souffler en toute sécurité, alors prévoyez de poursuivre quelques dizaines de mètres avant de vous arrêter.