Si les vêtements que vous déposez dans la bulle des Petits Riens finissent brûlés, ce n’est pas parce qu’ils étaient abîmés : c’est à cause d’un seul sac posé à côté du vôtre

Le coupable n’est presque jamais votre pull troué. Depuis le 1er janvier 2025, les vêtements abîmés ont leur place dans la bulle. Ce qui compromet un conteneur, c’est un sac mouillé ou souillé qui se retrouve au milieu des autres. L’Environnement en Wallonie l’écrit noir sur blanc : un seul sac mouillé peut contaminer tout un lot, et le contenu de la bulle est alors condamné à l’incinération.

Un seul sac suffit à faire basculer toute la collecte.

À retenir
  • Un sac mouillé ou souillé contamine tout un lot de textiles et provoque son incinération.
  • Les vêtements abîmés et troués sont acceptés dans les bulles depuis le 1er janvier 2025.
  • Trois règles garantissent un bon tri : propre, sec, dans un sac fermé de 60 litres maximum.
  • Poser un sac à côté de la bulle pleine constitue un dépôt clandestin passible d’amende.

Ce que la règle a changé depuis 2025

Une directive européenne impose depuis le 1er janvier 2025 la collecte sélective des textiles. Il est donc interdit de jeter vêtements usagés, chiffons ou linge de maison dans le sac blanc des déchets résiduels. Les textiles troués, les chutes de tissu et le linge usé doivent aller dans les bulles, où ils sont triés pour être réutilisés, recyclés ou éliminés. À Bruxelles, la directive a été transposée dans l’ordonnance relative aux déchets.

Deux cas seulement échappent à la bulle et retournent au sac blanc : les textiles mouillés, et ceux souillés par de l’huile ou de la peinture ou infestés de mites. La commune d’Ixelles ajoute à cette liste les textiles contaminés par des puces.

Le site de la commune de Berchem-Sainte-Agathe (1030.be) résume le risque en une phrase : un seul linge souillé peut rendre inutilisable tout un container. Le mécanisme est celui d’une cagnotte collective. Chacun y met le meilleur de lui-même, et une seule mauvaise pomme suffit à tout gâcher.

Le sac resté dehors, ennemi public numéro un

Quand la bulle est pleine, la tentation est grande de poser son sac au pied du conteneur. Les Petits Riens demandent de ne rien laisser à côté, ni sacs de vêtements ni autres déchets. Ce geste constitue un dépôt clandestin, passible d’amende.

La commune de Waterloo ajoute un argument pratique : un sac posé à côté risque d’être volé ou de s’abîmer. Dans un pays où la pluie ne prévient pas, un sac abandonné une nuit sur le trottoir a toutes les chances d’y passer des heures sous les gouttes. Un textile qui a pris l’eau n’a plus sa place dans le circuit de réemploi.

Je nuance donc le titre : les sources que j’ai consultées parlent d’un sac mouillé ou souillé qui contamine un lot, pas d’un sac posé à côté qui provoquerait l’incinération à lui seul. Je n’ai trouvé aucun chiffre public sur la part des bulles envoyées à l’incinération pour cette raison. Reste que le sac dehors cumule les risques : amende, vol, humidité.

La bonne réaction face à une bulle pleine est de composer le numéro inscrit sur le conteneur pour demander une vidange.

Propre, sec, fermé : la règle des 60 litres

La Wallonie résume le tout en trois règles d’or : propre, sec, dans un sac fermé de 60 litres maximum. Les Petits Riens précisent que le sac fermé garde les dons propres, secs et non dépareillés, ce qui facilite le tri à l’arrivée. Les chaussures s’attachent par paires, sinon elles perdent leur valeur de revente.

Dans le conteneur, les Petits Riens acceptent les vêtements, la lingerie, le linge de maison, les chiffons, les essuies et les draps. Ils prennent aussi les accessoires textiles et la maroquinerie. Les tapis, coussins et matelas sont refusés, tout comme les déchets de toute nature.

Un doute sur l’état d’une pièce ? Faites le test du nez et de la main : si elle sent l’humidité ou le white-spirit, elle va au sac blanc. Sinon, elle part dans un sac fermé.

La bulle n’est d’ailleurs pas la seule porte d’entrée. Les Petits Riens reçoivent aussi les dons textiles directement en magasin, ce qui évite de jouer à pile ou face avec un conteneur plein. Pour localiser une bulle, l’association tient une carte sur son site. Le label « Solid’R » (Les Petits Riens, Terre asbl, Oxfam) garantit que le don soutient l’économie sociale.

Les entreprises sont soumises à une autre règle. Les déchets professionnels n’ont pas leur place dans les bulles : tout professionnel doit souscrire un contrat avec un opérateur de collecte agréé, comme Terre, Oxfam ou Les Petits Riens.