J’ai payé 65 € la séance chez le psychologue pendant toute mon année d’étudiant : la même consultation m’aurait coûté 11 €, sans même passer chez mon médecin

Soixante-cinq euros la séance en cabinet privé, d’un côté. De l’autre, une consultation chez un psychologue conventionné où la première séance individuelle est gratuite, puis 11 euros pour chaque séance, et rien à payer pour les moins de 24 ans. L’écart est réel, et beaucoup d’étudiants l’ignorent.

Le médecin généraliste n’a même pas besoin d’être consulté.

À retenir
  • Une séance chez un psychologue conventionné coûte 11 € pour les 24 ans et plus, et 0 € pour les moins de 24 ans.
  • Le passage par un médecin généraliste n’est plus obligatoire pour accéder à un psychologue conventionné en première ligne.
  • Les psychologues non conventionnés restent facturés 65 € la séance sans remboursement de l’INAMI, expliquant pourquoi beaucoup d’étudiants paient le prix fort.

Onze euros, quatre euros ou zéro : tout dépend de l’âge

Le système repose sur une convention entre l’INAMI et les réseaux de santé mentale. Elle a été instaurée le 1er janvier 2022, et la Belgique compte 32 réseaux de soins de santé mentale. Le psychologue ne signe pas directement avec l’INAMI : il s’affilie à l’un de ces réseaux. Pour une séance individuelle de 60 minutes, le tarif global est de 91,13 euros, dont la quote-part du patient.

Moins de 24 ans : 0 €. Intervention majorée : 4 €. Séance de groupe : 2,50 €.

Voilà pour la grille officielle. Chez Solidaris, on précise que depuis le 1er février 2024, les jeunes jusqu’à 23 ans inclus ne paient plus de ticket modérateur, en individuel comme en groupe. Un étudiant de 20 ans qui a déboursé 65 € par séance a donc, dans bien des cas, payé pour un service gratuit à côté.

Faisons le calcul, avec toutes les réserves d’un exemple théorique. Une séance par semaine sur un quadrimestre et demi, disons trente séances, donne 1 950 € à 65 €. Le parcours conventionné plafonne à 20 séances individuelles maximum pour le traitement psychologique, soit 220 € au tarif de 11 €, et zéro pour un étudiant de moins de 24 ans.

Le généraliste n’est plus un passage obligé

Avant la réforme, toute personne devait apporter une prescription médicale au psychologue conventionné. Ce n’est plus le cas pour la première ligne. Vous contactez vous-même un professionnel conventionné et vous prenez rendez-vous.

Le bilan fonctionnel, lui, revient au psychologue.

Pour le traitement, c’est ce bilan, établi lors de la première séance, qui ouvre le droit au remboursement. Le psychologue peut solliciter votre médecin traitant pour le réaliser, mais uniquement avec votre accord. Certains centres de première ligne notent ainsi que le professionnel peut, avec le consentement de l’usager, contacter le médecin qui détient son Dossier Médical Global, histoire de coordonner les soins.

Les plafonds méritent un coup d’œil avant de s’engager. Pour le soutien psychologique de première ligne, les 15 ans et plus ont droit à 8 séances individuelles par période de 12 mois, et les 23 ans et moins à 10. Le traitement va jusqu’à 20 séances, avec une moyenne de 10 séances selon la page de l’INAMI. Les séances de groupe, elles, ne sont pas limitées. Reste à trouver le bon interlocuteur, et la liste se consulte sur le site du réseau de votre région (à Bruxelles, PsyBru).

Pourquoi tant d’étudiants paient encore le prix fort

Le piège tient à une confusion fréquente : tous les psychologues ne sont pas conventionnés. Seuls les psychologues et orthopédagogues cliniciens qui exercent dans un réseau de santé mentale conventionné ouvrent le droit à l’intervention. Chez les autres, l’INAMI ne rembourse rien. Les mutuelles interviennent alors à des taux variables selon leurs règlements, et un comparateur d’assurances évoque jusqu’à 400 € par an selon la mutualité (à vérifier auprès de la vôtre, le chiffre n’est pas officiel).

Aucun supplément au-delà des 11 € ne peut être réclamé dans ce cadre.

Si un cabinet vous annonce 65 € en se présentant comme conventionné, un montant réclamé en plus des 11 € n’a pas lieu d’être dans le cadre de la convention. La première question à poser au téléphone est donc simple : « Êtes-vous conventionné via un réseau de santé mentale ? » Il vaut mieux la poser avant la première séance qu’après la troisième facture.

Dernière nuance, et elle compte pour la rentrée : la convention actuelle est valable jusqu’au 31 décembre 2026. Les modalités pour 2027 relèvent des prochaines décisions de l’INAMI, et la grille de tarifs peut donc évoluer. En attendant, un rendez-vous pris maintenant se règle encore aux conditions décrites ici.