Non, il n’existe pas de taxe nationale sur les Chiens en Belgique en 2026, et les rumeurs qui circulent régulièrement sur les réseaux sociaux à ce sujet sont fausses. Une rumeur persistante circule concernant une nouvelle taxe sur les chiens en Belgique, information relayée sur les réseaux sociaux qui s’avère totalement fausse. À l’heure actuelle, aucune directive européenne ni loi belge ne prévoit la mise en place d’une taxe nationale sur les propriétaires d’animaux. Ce qui subsiste, c’est tout autre chose : une poignée de communes wallonnes qui appliquent encore, par tradition plus que par nécessité budgétaire, un impôt local sur nos compagnons à quatre pattes.
À retenir
- La taxe fédérale disparue depuis 1975 : pourquoi le mythe persiste-t-il ?
- Combien de communes wallonnes la collectent encore vraiment ?
- Aubange renonce à cette taxe : quelles conséquences financières ?
Une taxe fédérale disparue, des reliquats communaux
Le Belge a payé une taxe canine pendant plus de deux siècles. Les Belges ont dû s’acquitter d’une taxe fédérale jusqu’en 1975, mais il n’existe plus, actuellement, de taxe nationale sur les animaux de compagnie en Belgique. La Belgique n’a pas fait cavalier seul dans cette suppression : au Danemark, il n’y a plus de taxe sur les chiens depuis 1972, la France l’a abolie en 1979, l’Angleterre au printemps 1990, la Suède en 1995, et la Belgique a suivi le même mouvement, tout comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce, la Hongrie et la Croatie. Un vent de libéralisation canine a soufflé sur toute l’Europe occidentale en une trentaine d’années.
En Wallonie, un événement précis a accéléré la disparition du dispositif au niveau régional. Depuis l’instauration de la paix fiscale wallonne en 1998, cette taxe a disparu de la nomenclature des taxes autorisées. Concrètement, les communes wallonnes qui l’appliquaient encore à ce moment-là ont pu la maintenir par une forme de droit acquis, mais aucune nouvelle commune ne peut légalement l’introduire aujourd’hui. Résultat : un club fermé, qui se réduit d’année en année.
Les derniers irréductibles wallons
Combien reste-t-il de communes fidèles à cette vieille coutume fiscale ? En région wallonne, seule une dizaine de municipalités imposent encore une taxe communale sur les chiens, qui s’applique à tous les sujets âgés de plus de trois mois, à l’exception des chiens guides d’aveugle et des chiens policiers. Les montants restent modestes : à ce jour, uniquement une dizaine de municipalités wallonnes maintiennent une taxe sur les chiens dont le montant varie selon les localités et le nombre de chiens détenus, entre 10 et 50 euros par an en moyenne. On est loin des sommes qui font vaciller un budget familial.
Le rendement financier de cette taxe est d’ailleurs dérisoire à l’échelle communale. Les dix municipalités wallonnes qui appliquent encore une taxe sur les chiens collectent en cumulé environ 50.000 euros d’impôts par an, un montant qui permet de financer les tâches d’entretien de la voirie, notamment le ramassage des déjections canines. Autant dire que la taxe canine ne finance pas des autoroutes, mais plutôt quelques sacs biodégradables distribués dans les parcs communaux. Une administration régionale confirmait déjà en 2015 l’ampleur symbolique du dispositif : cette taxe représentait alors 0,0018% des recettes fiscales totales des communes. Un chiffre qui donne le vertige par sa petitesse, presque une décimale de rigolade fiscale.
Les écarts entre communes ont toujours été spectaculaires. Un relevé de 2015 montrait des montants oscillant de 7 euros à Dison à 24,79 euros à Amay, à partir du deuxième chien. Aujourd’hui encore, la fourchette reste large selon les localités, preuve que chaque commune a gardé la main sur sa propre grille tarifaire, sans harmonisation régionale.
Aubange, la dernière à jeter l’éponge
L’actualité récente illustre bien la tendance de fond : le club des communes taxatrices continue de fondre. Tous les propriétaires de chiens n’étaient pas soumis à cette taxe, il existait des exonérations, et jusqu’à récemment, Aubange était l’une des dernières en Wallonie à encore pratiquer la taxe sur les chiens. La commune de la province de Luxembourg a fini par renoncer à ce petit pactole historique. Un choix qui n’est pas sans conséquence pour les finances locales : en supprimant sa taxe sur les chiens, cette commune de Wallonie va perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros de rentrées, se privant ainsi de recettes qu’elle était pourtant l’une des dernières à percevoir. Un paradoxe assez belge : on abandonne une taxe jugée dépassée, tout en sachant que cela creuse le trou budgétaire communal, à l’heure où les communes de Wallonie planchent justement sur les rentrées fiscales qui toucheront leurs habitants dès 2026.
Cette histoire fiscale plonge ses racines très loin dans le passé belge. La taxe sur les chiens en Belgique remonte au 18ème siècle, en 1772, année où la province du Brabant a mis en place un impôt d’un florin par an pour chaque chien possédé. Le système s’est ensuite raffiné, avec une hiérarchie fiscale digne d’un concours canin : la taxe s’élevait à 35 francs par an pour un lévrier, 5 francs pour un chien de chasse et 2 francs pour tous les autres types de chien, avant que le Hainaut et Liège ne mettent en place la même taxe en 1845, puis Bruxelles et Anvers en 1879. Posséder un lévrier au 19e siècle coûtait donc dix-sept fois plus cher que d’avoir un simple bâtard, une discrimination canine assumée qui ferait aujourd’hui hurler n’importe quel refuge.
Et si Berlin ou Amsterdam nous inspiraient (mal) ?
La rumeur d’une taxe belge trouve probablement son origine dans les modèles voisins, où le dispositif reste bien vivant et rapporte gros. En 2023, l’impôt sur les chiens en Allemagne a généré 421 millions d’euros de recettes fiscales, une hausse de 40% en dix ans. Les montants outre-Rhin varient fortement d’une ville à l’autre, tout comme aux Pays-Bas où les maîtres versent jusqu’à 117 euros par an selon leur commune de résidence. Rien d’étonnant à ce que ces exemples alimentent les fantasmes belges d’une réforme fiscale à l’allemande, mais aucun projet de loi fédéral n’est actuellement sur la table à Bruxelles.
La leçon à retenir pour un propriétaire de chien belge reste simple : mieux vaut vérifier le règlement fiscal de sa propre commune (disponible sur simple demande à l’administration communale ou dans le règlement-taxe publié annuellement) que de croire une capture d’écran alarmiste partagée par un cousin sur Facebook. La taxe canine belge, c’est surtout une curiosité historique qui refuse de mourir tout à fait, un peu comme ce vieux chien de garde qui aboie encore, même s’il n’a plus vraiment de dents.
Sources : lavenir.net | lavenir.net