Jeanneke-Pis : où se trouve la statue cachée de Bruxelles et comment la trouver depuis la Grand-Place

Jeanneke-Pis se cache au numéro 10 de la rue des Bouchers, au fond de l’impasse de la Fidélité, à trois ou quatre minutes à pied de la Grand-Place. Une fillette de bronze, accroupie, y fait pipi derrière une grille de fer forgé.

La plupart des visiteurs passent à dix mètres sans la voir.

À retenir
  • Jeanneke-Pis se trouve au numéro 10 de la rue des Bouchers, au fond de l’impasse de la Fidélité.
  • La statue se situe à trois ou quatre minutes à pied de la Grand-Place.
  • Elle date des années 1980 et a été inaugurée officiellement en 1987.
  • Une grille de fer forgé la protège des plaisantins et des vandales.

Le trajet depuis la Grand-Place, pas à pas

Quittez la Grand-Place par son côté nord, celui de la Maison du Roi, en tournant le dos à l’Hôtel de ville. Vous cherchez la rue des Bouchers (Beenhouwersstraat en néerlandais), qui court parallèlement à la place et dont les terrasses se remarquent de loin. Comptez moins de deux cents mètres.

L’impasse de la Fidélité (Getrouwheidsgang) s’ouvre sur le côté de la rue des Bouchers, étroite comme un couloir d’immeuble. Son repère le plus fiable est l’enseigne du Delirium Café, installé au numéro 4 et reconnaissable à son éléphant rose. La statue se trouve quelques pas plus loin, dans une niche protégée par des barreaux, à hauteur d’enfant.

Un conseil de terrain: encodez l’adresse dans votre téléphone avant de vous lancer. Le tracé médiéval du quartier, fait de ruelles qui se croisent à angle bizarre, trompe même les Bruxellois qui n’y viennent que pour le souper.

Le Manneken-Pis, lui, se trouve à l’opposé, au coin de la rue de l’Étuve et de la rue du Chêne, à environ 350 mètres de la Grand-Place. Les deux statues sont donc séparées par la Grand-Place elle-même, et une promenade à pied les relie en un quart d’heure environ, flânerie comprise.

Une statue d’à peine quarante ans

Ne cherchez pas ici une relique du Moyen Âge. La statue date des années 1980: elle a été réalisée par le sculpteur Denis-Adrien Debouvrie et installée dans l’impasse, avant d’être inaugurée officiellement en 1987. L’idée était simple, offrir un pendant féminin au célèbre garçonnet.

Le contraste d’âge est net. Le Manneken-Pis actuel remonte à 1619, œuvre du sculpteur Jérôme Duquesnoy l’Ancien, et la tradition qui l’entoure est plus ancienne encore. Jeanneke-Pis, elle, n’a pas eu le temps de se tisser une légende médiévale, et c’est probablement pour cela que les guides la relèguent souvent en note de bas de page.

Elle mesure une cinquantaine de centimètres. Bien moins qu’un chat de salon bien nourri, diront les mauvaises langues.

La grille qui la ferme n’a rien de décoratif. Elle protège la fillette des plaisantins et des vandales, car la statue a déjà subi des dégradations depuis son installation. Les visiteurs jettent par-dessus les barreaux des pièces de monnaie, qui s’accumulent dans le bassin et finissent, d’après les informations relayées localement, par alimenter des causes caritatives. Vérifiez sur place avant d’y croire dur comme fer.

Pourquoi cette impasse, et pas une place plus noble

L’emplacement est en soi un petit joyau de géographie bruxelloise. Les ruelles autour de la rue des Bouchers forment l’îlot sacré, un quartier reconnu pour sa densité de restaurants et dont le plan remonte, pour l’essentiel, à plusieurs siècles. Dans ce dédale, une impasse de deux mètres de large a servi d’écrin à une statue qui, ailleurs, aurait été noyée dans la foule.

On y gagne en intimité. Devant le Manneken-Pis, on se bouscule pour un selfie, alors qu’ici il arrive de se retrouver seul avec la fillette le temps d’une photo. Le décor reste pourtant l’un des plus fréquentés de la ville, puisque le Delirium Café voisin, connu des amateurs de bières belges, attire une clientèle internationale à toute heure.

Côté ambiance, la rue des Bouchers est un cas d’école. Les restaurateurs y interpellent les passants sans ménagement, menus plastifiés à la main, et le choix de la table relève davantage de l’instinct que de la gastronomie. Mieux vaut manger une rue plus loin ou consulter les avis récents que se fier au premier serveur enthousiaste.

Compléter la balade: la trilogie des « pis »

Bruxelles aime les trilogies, et celle-ci est dans la ville depuis 1998. Zinneke-Pis, un chien bronzé en train de lever la patte, est l’œuvre de Tom Frantzen et se trouve à l’angle de la rue des Chartreux et de la rue du Vieux Marché aux Grains. Son nom vient du « zinneke », mot bruxellois qui désigne un chien bâtard et, par extension, un habitant au sang mêlé, fierté revendiquée par la ville.

Une boucle à pied relie les trois statues sans effort. Partez du Manneken-Pis, remontez vers la Grand-Place, poussez jusqu’à Jeanneke-Pis puis terminez vers les Chartreux, soit moins de deux kilomètres au total, ce qui laisse même de la place pour une pause gaufre.

Pour les photos, privilégiez la fin d’après-midi ou le début de matinée. En pleine journée, les groupes organisés s’engouffrent dans l’impasse par vagues et la grille disparaît derrière une forêt de téléphones.

Le Manneken-Pis possède une garde-robe de plus de mille costumes, que le Musée GardeRobe MannekenPis, rue du Chêne, expose en rotation, et son homologue féminine, plus discrète, ne reçoit d’habits qu’à de rares occasions.