Oui, c’est bien réel : dans plusieurs communes belges, verser l’eau de sa piscine gonflable directement dans l’avaloir de la rue peut vous valoir une amende administrative allant jusqu’à 350 euros. Le règlement général de police commun aux dix-neuf communes bruxelloises est limpide sur ce point : cette amende administrative ne peut excéder la somme de 350 euros ou 175 euros, selon que le contrevenant est majeur ou mineur au moment des faits. Et ce n’est pas une spécificité bruxelloise isolée : des communes wallonnes comme Antoing appliquent le même plafond dans leur propre règlement de police, avec un tarif des amendes fixé à un maximum de 350 € (175 € pour les mineurs à partir de 14 ans).
À retenir
- Une pratique apparemment banale peut déclencher des amendes bien réelles dans votre commune
- Le chlore de votre piscine fait plus de dégâts que vous ne l’imaginez à l’environnement
- Il existe des solutions légales et simples pour vider votre piscine sans risque
Ce que dit vraiment le règlement
Le texte communal ne parle pas spécifiquement de « piscine gonflable », il vise un comportement plus large. Le règlement général de police précise que il est interdit d’obstruer les conduits destinés à l’évacuation des eaux pluviales et des eaux usées, ou d’y déverser des immondices, huiles, boues, sables, toutes matières, objets, animaux morts ou substances quelconques pouvant provoquer une obstruction des conduits. Votre eau chlorée de piscine gonflable entre techniquement dans cette catégorie de « substances quelconques ». Le texte ajoute même que sauf autorisation de l’autorité compétente, il est interdit de procéder au débouchage, au nettoyage ou à la réparation des égouts, et l’interdiction ne s’applique pas à la désobstruction d’avaloirs si le moindre retard risque de causer préjudice aux propriétés riveraines. on peut déboucher un avaloir en urgence, mais pas y déverser cinq mille litres de flotte chlorée un dimanche après-midi parce que le petit dernier veut passer à la douche.
Le hic, c’est que ce type de règlement varie d’une commune à l’autre. Ce qui vaut à Bruxelles ou à Antoing ne se retrouve pas forcément mot pour mot à Liège ou à Namur, même si la logique reste identique presque partout : protéger le réseau d’égouttage et les cours d’eau. Avant de sortir le tuyau d’arrosage un soir d’été, un coup d’œil au règlement communal (souvent disponible en ligne, ou un simple coup de fil à l’administration) évite bien des surprises.
Pourquoi le chlore pose vraiment problème
La question n’est pas juste administrative, elle est aussi écologique. Les avaloirs de rue sont généralement reliés soit au réseau d’égouts classique, soit directement au réseau d’eaux pluviales qui débouche dans les cours d’eau sans passer par une station d’épuration. Comme le rappellent plusieurs guides spécialisés, si la piscine est traitée chimiquement et raccordée au réseau collectif d’eau pluviale, il faut arrêter le traitement quinze jours avant la vidange pour minimiser l’impact sur l’environnement, car les eaux pluviales débouchent dans la rivière. Le chlore à haute concentration est toxique pour la faune aquatique et peut déséquilibrer tout un petit écosystème de ruisseau en quelques minutes. Quant au réseau d’égouts classique, quand il existe, le problème est différent mais tout aussi réel : les stations d’épuration fonctionnent grâce à des bactéries, et un afflux soudain de produit chloré peut perturber ce petit monde microbien qui traite nos eaux usées au quotidien. Une anecdote qui frappe les esprits : une piscine gonflable de taille moyenne pour enfants contient facilement 800 à 1 000 litres d’eau, soit l’équivalent d’une dizaine de baignoires versées d’un coup dans le même conduit.
Comment vider sa piscine sans finir sur le procès-verbal
La bonne nouvelle, c’est que la solution la plus simple est aussi la moins chère. Pour une petite piscine hors-sol ou gonflable, vous pouvez la vider directement sur votre terrain, à condition de ne pas faire de dégâts chez vos voisins. L’infiltration dans la pelouse ou un massif de fleurs reste la méthode la plus naturelle : le sol filtre une partie des résidus et le débit lent évite le ruissellement brutal vers la rue. Il suffit d’étaler la vidange sur plusieurs heures plutôt que d’ouvrir la vanne en grand.
Si le terrain est trop petit, trop en pente ou déjà détrempé, mieux vaut anticiper. La règle d’or reste universelle : demandez une autorisation à votre commune et renseignez-vous sur les diverses conditions à respecter avant de vidanger votre piscine, notamment le débit maximum autorisé. Certaines communes tolèrent un déversement contrôlé dans le réseau d’eaux pluviales moyennant cette demande préalable, d’autres l’interdisent purement et simplement. Dans tous les cas, couper le traitement au chlore une bonne quinzaine de jours avant la vidange reste le réflexe qui évite le plus de dégâts, que ce soit pour votre jardin ou pour le cours d’eau du coin.
Un dernier détail mérite d’être connu avant l’été prochain : les contrôles ne se font généralement pas par patrouille dédiée à la traque des piscines gonflables, mais suite à une plainte de voisinage, souvent liée à une odeur de chlore persistante ou à une flaque suspecte qui stagne devant chez vous. Autant dire que la discrétion et le bon sens restent, pour l’instant, les meilleures armes contre l’amende. Et si le doute persiste sur la réglementation de votre rue précise, un simple coup de fil au service environnement de votre commune coûte, lui, zéro euro.
Sources : artisanat-france.fr | miarel.fr