Cette vieille Renault 19 garée depuis trois ans sous votre auvent, celle que vous comptez « remettre en état un de ces jours » : si elle reste immatriculée à votre nom, l’administration fiscale régionale vous envoie chaque année une facture. Que le moteur tourne ou pas. Que les pneus soient gonflés ou à plat. La taxe de circulation, elle, ne prend pas de pause.
À retenir
- Votre vieille voiture immobilisée génère une facture annuelle tant qu’elle est immatriculée à votre nom
- Les brigades de contrôle scannent les plaques pour vérifier le paiement de la taxe et peuvent vous poursuivre
- La radiation de plaque est la seule solution légale, mais elle obéit à des règles précises depuis août 2025
Une taxe annuelle liée à l’immatriculation, pas à l’utilisation
La taxe de circulation est une taxe obligatoire que vous devez payer chaque année dès la première année où vous possédez la voiture afin de pouvoir circuler sur la voie publique. Le piège, c’est que la loi ne vous demande pas de prouver que vous roulez . La taxe est réclamée après l’immatriculation, puis chaque année à la même période, et le montant reste dû même si le véhicule roule peu. Une voiture qui dort dans votre jardin, sous une bâche ou dans un garage fermé, continue donc de générer une obligation fiscale tant qu’elle figure dans la base de données de la DIV avec votre nom dessus.
La taxe de circulation est basée sur la puissance de votre moteur, la cylindrée ou la masse maximale autorisée (MMA) du véhicule. Concrètement, une voiture familiale de cylindrée moyenne peut vous coûter plusieurs centaines d’euros par an, sans que vous ayez mis le nez dehors une seule fois au volant. Et si vous ignorez simplement la facture ? En cas de non-paiement, votre voiture peut être saisie de deux manières différentes : dans le processus de récupération de l’administration fiscale ou après un contrôle des brigades de contrôle.
Ces brigades ne sont pas un mythe : elles circulent sur les routes, équipées d’un appareil qui scanne votre plaque d’immatriculation et vérifie si vous avez bien payé votre taxe. Si une brigade constate le non-paiement, vous devez la payer immédiatement ainsi que l’amende administrative. Autant dire qu’ignorer le problème n’est pas une stratégie recommandable.
Les trois régions, trois systèmes, et un point commun
La Belgique étant la Belgique, chaque région applique ses propres barèmes : la Wallonie, la Flandre et Bruxelles adoptent des critères différents pour déterminer le montant de la taxe. Mais toutes partagent le même principe de base : c’est l’immatriculation active qui déclenche la taxe, pas l’usage.
En Wallonie, la réforme de juillet 2025 a surtout touché la taxe de mise en circulation (la TMC, celle qu’on paie une fois à l’achat). Depuis le 1er juillet 2025, la Wallonie a abandonné son ancien système basé uniquement sur la puissance fiscale, et en 2026 le nouveau mode de calcul, qui prend en compte le poids et l’impact environnemental, est pleinement en vigueur. Pour les véhicules d’occasion plus anciens, la taxe de mise en circulation diminue selon l’âge du véhicule, ce qui est une bonne nouvelle pour les détenteurs de vieilles cylindrées. Mais cette dégressivité concerne la TMC unique à l’achat, pas la taxe de circulation annuelle.
En Flandre, le calcul tient compte de la puissance en kW, des émissions de CO2 et de la norme Euro, afin d’encourager les véhicules plus propres. Un diesel vieillissant aux normes Euro 3 ou 4 sera donc particulièrement pénalisé dans cette région. À Bruxelles, pour la taxe de mise en circulation, la cylindrée, la puissance fiscale et la date de première immatriculation sont prises en compte, avec un montant allant de 100,98 € à 6.807,64 €.
Pour les véhicules réellement anciens, il existe toutefois un régime particulier : pour les ancêtres (véhicules de collection), il existe une taxe forfaitaire payée sur une base annuelle. Ce forfait est généralement plus avantageux que le barème standard. Mais attention, le statut d' »ancêtre » répond à des critères précis d’âge et de conformité que votre vieille Peugeot en cours de restauration ne remplit peut-être pas encore.
La solution : radier la plaque, une démarche simple mais méconnue
La radiation de plaque est la suppression définitive d’une plaque d’immatriculation de la banque de données DIV. Elle met fin aux taxes de circulation et permet la clôture de l’assurance. C’est le seul moyen légal de stopper la facturation annuelle tant que le véhicule reste en votre possession sans rouler.
Sans cette démarche, la plaque reste active et vous continuerez à payer la taxe de circulation inutilement. La procédure a d’ailleurs changé depuis août 2025. Seule la Direction pour l’Immatriculation des Véhicules (DIV) est désormais compétente pour radier votre plaque, ce qui signifie que les citoyens doivent envoyer leur plaque directement à la DIV soit par voie postale, soit en la déposant à Bruxelles. bpost n’est plus dans la boucle.
Concrètement, deux solutions existent : par envoi postal (la date de radiation sera la date d’ouverture de l’enveloppe) ou par dépôt physique. Pour le dépôt physique, il faut déposer directement votre plaque arrière dans une des boîtes prévues à cet effet à l’adresse suivante : Rue du Progrès 56, 1210 Bruxelles. Un détail qui surprend toujours : une preuve de dépôt chez un opérateur postal ne vaut plus comme preuve de radiation. Seule la date de réception de la plaque par la DIV (ou la date de dépôt à Bruxelles) sera retenue. Mieux vaut donc envoyer la plaque en courrier suivi.
Et si vous envisagez de racheter une autre voiture dans les mois qui viennent ? La loi prévoit que tout citoyen qui change de véhicule dispose d’un délai de 4 mois pour réimmatriculer son nouveau véhicule de même catégorie avec sa plaque d’immatriculation actuelle. Si vous radiez la plaque d’immatriculation, le montant pour les mois restants, à partir du premier jour du mois suivant la suppression de la plaque, vous sera remboursé. agir en début d’année fiscale est plus rentable qu’attendre le dernier trimestre.
Ne pas oublier l’assurance dans l’équation
Arrêter de payer la taxe de circulation sans radier la plaque ne suffit pas, et radier la plaque sans penser à l’assurance non plus. La radiation ne résilie pas automatiquement votre assurance, mais elle met fin à l’obligation légale d’assurance RC. Vous devrez donc contacter votre assureur séparément pour clôturer le contrat. Bonne nouvelle : la radiation de votre plaque d’immatriculation auprès de la DIV est un motif légal de résiliation d’assurance anticipée. Pas besoin d’attendre l’échéance annuelle.
Un dernier point que peu de propriétaires connaissent : la taxe de circulation est imputée chaque année jusqu’à ce que vous annuliez l’immatriculation. Il faut donc renvoyer votre plaque dans les plus brefs délais en cas de vente, de démolition ou d’exportation de votre véhicule, sans quoi vous risquez de devoir continuer de payer la taxe de circulation sur un véhicule que vous ne possédez plus. Ce scénario, payer une taxe sur une voiture vendue dont on a oublié de radier la plaque — arrive plus souvent qu’on ne le croit. La vieille Mazda du beau-frère qui a changé de mains « entre amis » sans paperasse, ça vous dit quelque chose ?
Sources : mobilit.belgium.be | mon-assurance-auto.be