Un policier qui ignore vos pneus et votre compteur pour fixer votre tableau de bord cherche une étiquette. Elle indique la vitesse maximale de vos pneus hiver quand leur indice est inférieur à celui prévu par le constructeur. Cette tolérance court du 1er octobre au 30 avril, à condition de coller un autocollant de vitesse maximale sur le tableau de bord.
Le plancher fixé par la directive européenne 92/23/CEE est l’indice Q, soit 160 km/h.
- Un autocollant de vitesse maximale doit être collé sur le tableau de bord quand les pneus hiver ont un indice inférieur à celui homologué du véhicule.
- Les pneus Q plafonnent à 160 km/h, soit 80 km/h de moins qu’un pneu V, et cette limite s’impose même sur autoroute allemande sans restriction.
- Le pictogramme 3PMSF (montagne trois pics et flocon) est exigé pour la dérogation, contrairement à la simple mention M+S.
Ce que le policier cherche vraiment
Chaque lettre gravée sur le flanc du pneu correspond à une vitesse maximale. T autorise 190 km/h, H 210 km/h, V 240 km/h. Un véhicule homologué en V peut donc rouler en hiver avec des pneus T. Un pneu Q plafonne à 160 km/h, soit 80 km/h de moins qu’un V. Quand le monteur pose des pneus hiver à indice plus faible, il colle un autocollant sur le tableau de bord, bien visible pour le conducteur.
Cette dérogation vient du droit européen, pas d’une lubie belge. Certains spécialistes la justifient par le fait que les pneus hiver roulent en pratique moins vite, et que leur gomme souple compense en partie une carcasse moins rigide. Un rectangle de quelques centimètres carrés suffit à rassurer l’administration, ce qui est un compromis très belge.
160 km/h sur une autoroute limitée à 120
En Belgique, la limite sur autoroute est de 120 km/h, loin du plafond d’un pneu Q. Le piège se présente à l’étranger, sur un tronçon allemand sans limitation, ou lors d’un dépassement un peu vigoureux. Le conducteur doit respecter la vitesse maximale autorisée par le pneu monté. Les limites de vitesse des routes belges s’appliquent de toute façon.
Côté assurance, aucune conséquence tant que la vitesse du pneu est respectée.
Les sources divergent sur la portée juridique de l’autocollant. Test-Achats indique que le montage de pneus hiver d’un indice de vitesse inférieur est toléré du 1er octobre au 30 avril. Un site belge spécialisé affirme que l’autocollant est exigé dans certains pays comme l’Allemagne et la Suisse, mais qu’aucun texte ne le formalise en Belgique et en France. Dans le doute, demandez-le au monteur, qui le pose en principe avec les pneus.
Le prix de cette économie se paie à l’usage. Les pneus à indice plus faible ont tendance à s’user plus vite, et la voiture peut réagir différemment. Le même site conseille de ne pas descendre de plus d’une lettre sous l’indice autorisé.
Le bon moment, le bon marquage
Aucune loi belge n’oblige à monter des pneus hiver. Test-Achats juge toutefois judicieux de le faire dès que la température passe sous 7 °C pendant quelques jours. Touring situe ce moment entre la mi-octobre et le début novembre. Monter les pneus dès le 1er octobre, comme dans le scénario du titre, reste donc légal mais un peu précoce.
Sous 4 mm de rainures, un pneu hiver perd ses propriétés hivernales.
Regardez aussi le marquage sur le flanc. Le pictogramme 3PMSF (montagne à trois pics et flocon) est exigé pour la dérogation, la seule mention M+S étant moins exigeante en certification. L’association VACO conseille de ne monter que des pneus portant les deux symboles. Le 3PMSF atteste d’un test d’adhérence sur neige, défini par le règlement ONU n° 117.
La profondeur minimale de sculpture reste de 1,6 mm, quel que soit le type de pneu. L’indice de charge, lui, ne peut jamais baisser, et un indice inférieur est un motif de contre-visite au contrôle technique.
Sources : mooteur.fr | auto-tech.be