Brûler ses feuilles mortes en Wallonie n’est pas formellement interdit, mais c’est presque impossible en pratique. L’incinération de déchets verts de jardin est interdite, sauf si le feu respecte les distances de l’article 89 du Code rural, soit au moins 100 mètres de toute habitation, haie, verger, arbre ou champ. Un fond de jardin situé à quinze mètres de la véranda du voisin ne passe donc pas le test.
Le principe reste l’interdiction.
Sauf permis d’environnement, l’incinération de déchets est interdite, rappelle l’Union des Villes et Communes de Wallonie, sur la base du décret du 27 juin 1996. L’exception pour les déchets de jardin vient d’une tolérance de l’administration, qui a lu l’article du Code rural comme un feu vert conditionnel. Cette tolérance a ensuite été consacrée dans le Code de l’environnement. La RTBF résume la situation ainsi : brûler à l’air libre est interdit, avec une exception pour certains déchets naturels secs, dans le respect du Code rural et du Code forestier.
- En Wallonie, l’incinération de déchets verts est interdite sauf à plus de 100 mètres de toute maison, haie, verger ou champ.
- Le feu doit être surveillé en permanence, rester maîtrisable et être interdit par vent supérieur à 50 km/h.
- Les amendes administratives peuvent atteindre 250 euros, avec des sanctions plus lourdes selon la nature des déchets.
- Brûler 50 kg de déchets verts émet autant de particules que 10 000 km en voiture diesel ou six mois de chauffage au mazout.
Les conditions qui s’ajoutent aux 100 mètres
La distance ne concerne pas que les maisons. Le règlement de police type cité par la commune d’Érezée l’étend aux édifices, bruyères, vergers, plantations, haies, meules, tas de paille ou de foin, et à tout dépôt de matériaux inflammables, avec 25 mètres à respecter pour les bois et forêts.
Le feu doit être surveillé en permanence par un majeur et rester assez petit pour être maîtrisé par celui qui l’a allumé. Il est interdit par vent de plus de 50 km/h. La fumée ne peut ni perturber la circulation routière ni incommoder le voisinage. Autre subtilité : seuls les déchets végétaux secs sont concernés, ce qui exclut une tonte fraîche ou un tas de feuilles détrempées par les pluies d’octobre.
Tout ce qui n’est pas végétal reste formellement interdit au feu.
Le barbecue du dimanche, lui, ne subit pas le même régime. Il reste autorisé, car il n’est pas considéré comme une incinération de déchets, à condition que les fumées ne gênent pas les alentours.
Amendes, communes et arrêtés de sécheresse
Une infraction au règlement général de police peut être sanctionnée par une amende administrative pouvant aller jusqu’à 250 euros, rappelle la ville du Roeulx. Des amendes plus lourdes peuvent être infligées par le procureur du Roi ou le fonctionnaire sanctionnateur régional, selon la nature des déchets et l’atteinte éventuelle à la santé publique. Les communes gardent aussi la main : une question parlementaire de 2015 notait que l’interdiction totale relevait de l’appréciation des bourgmestres. Le règlement de police de votre commune est donc à consulter avant de sortir les allumettes.
Les arrêtés liés à la sécheresse comptent aussi. Ils peuvent viser le brûlage de déchets verts, et celui de la province de Liège était toujours en vigueur au 15 septembre, alors que ceux du Brabant wallon (1er septembre), du Hainaut (10 septembre) et du Luxembourg (18 septembre) avaient pris fin. La Wallonie précise que la fin d’un arrêté ne signifie pas que le risque d’incendie est écarté.
La fumée, une facture qu’on ne voit pas
Côté santé, la commune d’Ottignies-Louvain-la-Neuve cite un chiffre parlant : brûler 50 kg de déchets verts émet autant de particules que 10 000 km parcourus par une voiture diesel récente, ou six mois de chauffage d’une maison à la chaudière mazout. Elle ajoute que le Plan wallon Air Climat Énergie prévoit d’interdire ces feux à terme.
Le compost fait mieux.
Selon la RTBF, les feuilles mortes et les tailles de haies peuvent servir de paillis au pied des plantations, ce qui enrichit progressivement la terre en matière organique. Le mulching, lui, consiste à couper finement l’herbe pour la redéposer directement sur la pelouse. Pour le reste, le recyparc de votre intercommunale accepte en général les déchets verts.
Les voisins bruxellois n’ont pas cette option. À Bruxelles, le brûlage des déchets verts est strictement interdit, alors qu’en Flandre il reste autorisé sous conditions, avec plus de 100 mètres à respecter par rapport aux maisons, vergers, haies et zones boisées.
Sources : police.be | erezee.be | parlement-wallonie.be